.jpg)
A l’approche de l’hiver et de ses premiers frimas, l’immunité est un sujet d'actualité. Mais de quoi parle-t-on lorsqu'on évoque l’immunité ? Quelles sont les causes d'une déficience immunitaire chez le cheval ? Et surtout comment entretenir un système immunitaire performant pour mieux lutter contre les maladies infectieuses ? Nous répondons à toutes ces questions dans l’article qui suit.
Que ce soit en cours de SVT, dans un épisode de "Il Etait Une Fois La Vie" ou en visionnant une pub pour de célèbres produits laitiers, vous avez très certainement entendu un jour qu’il fallait prendre soin de son système immunitaire pour mieux résister aux diverses agressions de notre environnement et plus particulièrement aux agents pathogènes tels que les bactéries, les virus ou les champignons.
L'immunité, c'est la capacité de l'organisme à se défendre contre une agression infectieuse (bactéries, virus, ou parasites), ou une maladie donnée1. Une des fonctions les plus importantes du système immunitaire est de protéger l’organisme en créant des obstacles à la dissémination d’une infection.
Pour faire simple, notre système immunitaire pourrait s’apparenter à une véritable petite armée responsable de repousser l'ennemi, avec ses généraux, ses soldats et un système de communication haute technologie. Et comme toute armée, plus sa stratégie est rodée et entraînée, mieux il connait son ennemi et plus il a de chances de gagner la bataille !
On distingue le système immunitaire naturel ou inné du système immunitaire adaptatif. Le système immunitaire naturel ou inné pourrait s’apparenter à un bouclier (ou aux remparts d’un château fort) dont le rôle est de repousser les micro-organismes pathogènes hors de l’organisme. La réponse innée est rapide, sans mémoire et indépendante de l'antigène. Elle n’a pas besoin de s’adapter aux agents infectieux ou aux corps étrangers.
Les agents protecteurs sur système inné sont par exemple :
Dès lors que l'ennemi passe ce bouclier et s’attaque aux cellules de l’organisme, le rôle des macrophages est de "phagocyter" (manger) les microbes dès les premières minutes de l'agression. Vous vous rappelez des policiers blancs dans "Il était une fois la vie". Et bien voilà, ce sont les macrophages !
En cas d’attaque massive, les macrophages sont rapidement dépassés. C’est à ce moment-là que l’organisme va mettre en place une stratégie digne des plus grands généraux militaires pour faire face. Il fait alors intervenir le système immunitaire adaptatif. Celui-ci est principalement composé des lymphocytes T (produits dans le thymus), B (produits dans la moelle osseuse) et des anticorps.
Les lymphocytes T ont pour rôle d’identifier les agents pathogènes et de valider ou non leur qualité d’intrus. Si le micro-organisme est considéré comme mauvais, les lymphocytes T envoient un message aux lymphocytes B qui vont se multiplier et sécréter des anticorps.
Les anticorps, qui s’apparentent à des codes-barres, vont venir se fixer sur l’agent pathogène intrus identifié afin d’en faciliter le repérage.
Les macrophages reprennent alors du service et n'ont plus qu'à se laisser guider en neutralisant toutes les cellules marquées d'un anticorps.
Toute l’ingéniosité de cette stratégie repose sur le système d’archive du système immunitaire. En effet, les lymphocytes B vont conserver le souvenir de cet agresseur et pouvoir agir beaucoup plus vite et de façon plus efficace à la prochaine attaque. C'est ainsi que les vaccins nous protègent. En s'appuyant sur le système immunitaire adaptatif et son mécanisme de mémoire des antigènes.
"C’est pas sorcier", ça vous dit quelque chose ? Fred et Jamy vous expliquent les mécanismes du système immunitaire comme personne.
Tout comme chez l'homme, il arrive que le système immunitaire d'un cheval soit défaillant. Si l'un des composants de ce système de défense est absent ou déficient, il ne protège plus son hôte efficacement. On parle alors de déficit immunitaire. Les personnes ou les animaux immunodéficients sont en général plus sensibles aux infections. Cet affaiblissement peut être dû à un défaut des cellules immunitaires ou à des facteurs environnementaux.
Les principaux facteurs environnementaux en cause chez le cheval sont :
De déséquilibres nutritionnels ou mauvaise alimentation : carences alimentaires, alimentation oxydante, sous-nutrition, sur-nutrition, problèmes d'assimilation...
L'exposition au froid et à l'humidité. Avoir froid pourrait affaiblir les défenses naturelles et rendre les chevaux plus vulnérables aux infections.
Le stress chronique et la suractivité qui affaiblissent également les défenses et la capacité du système immunitaire à réagir.
Le système immunitaire évolue avec l’âge et se développe au gré des contacts avec les microbes. Les poulains sont donc plus fragiles que les adultes. Mais avec l’âge, le système immunitaire s’affaiblit également et rend plus vulnérable son hôte.
En plus de l’âge, le stress, une alimentation déséquilibrée ou carencée et le surmenage sont des facteurs qui concourent à affaiblir les systèmes de défense de l'organisme. Pour préserver l’efficacité du système immunitaire et donc la résistance aux agressions extérieures, il existe quelques règles de base :
Dans une revue réalisée par l'INRA sur les conséquences du stress sur la fonction immunitaire chez les animaux d’élevage, il a été mis en évidence que le stress peut inhiber le développement de la réponse lymphocytaire à un antigène, par exemple une réponse vaccinale. Les conditions d’élevage ou la survenue d’événements stressants influencent donc le système immunitaire, notamment dans le cas de facteurs de stress aigus, répétés ou chroniques. L’altération des réponses innées et acquises diminue la résistance des animaux aux infections virales ou bactériennes.
Plus de 70 % des cellules immunitaires se trouvent dans l’intestin. La flore intestinale est donc un véritable bouclier contre les agresseurs externes. C’est aussi vrai pour les chevaux. Lorsque nous mangeons, nous ingérons également des microbes. Les bactéries de la flore intestinale protègent l’organisme à différents niveaux :
En conclusion, l'alimentation est l'un des premiers leviers pour préserver l'équilibre de ce microbiote et par extension assurer le bon fonctionnement du rôle des bactéries sur l'efficacité du système immunitaire.
Les probiotiques sont des micro-organismes qui ont des effets bénéfiques sur l'organisme.
Ils renforcent les défenses naturelles en stimulant les cellules immunitaires qui se trouvent dans l'intestin (soit, rappelons-le, 70 % des cellules immunitaires).
Quand les barrières naturelles sont fragilisées, les probiotiques prennent le relais.
Dans un récent article scientifique, il a été mis en évidence qu’un système immunitaire défaillant induisait une plus grande vulnérabilité aux infections, mais également une diminution de l’effet de la vaccination. En effet, lorsque l’alimentation est carencée en certains micronutriments essentiels, le processus de défense de l’organisme est compromis.
Certains des micronutriments entrant en jeu dans ce processus ont été mis en évidence : le zinc, le fer, le sélénium, les vitamines A, D, E et l'acide folique (vitamine B9). Les vitamines A et D vont intervenir sur les tissus au niveau des poumons et de l’intestin qui constituent une première barrière de protection. Si ces barrières sont endommagées, les bactéries et virus pourront plus facilement pénétrer dans l’organisme et causer des infections. Les vitamines A, D, le fer et le sélénium auront un impact sur la sphère intestinale et aideront le corps à lutter contre des pathogènes comme les salmonelles ou les clostridies.
Une carence générale en micronutriments affecte l’efficacité des différents acteurs du système immunitaire (peptides antibactériens, macrophages, neutrophiles). D'après une étude de Smith et al. en 2018, « le statut en micronutriments a des effets étendus sur la plupart des types de cellules impliquées dans l'immunité innée et acquise, et les carences conduisent généralement à une dysrégulation de la fonction immunitaire ». D'autres nutriments agissent également sur l’immunité, tels que les acides gras oméga 3.
Pour préserver les défenses du système immunitaire du cheval, il est donc important de couvrir les besoins en micronutriments du cheval, plus particulièrement en vitamines A et D3, en fer et sélénium et de façon générale en minéraux, vitamines et oligoéléments.
En cas de distribution d'un complément minéral et vitaminique, vous pouvez privilégier l'apport d'oligoéléments sous leurs formes les plus disponibles comme le sélénium organique (sélénométhionine) ou les chélates de zinc, cuivre ou manganèse.
Les sources naturelles et organiques de micronutriments issus des plantes ou de fermentation sont également plus assimilables par l'organisme, comme par exemple la spiruline, le curcuma ou l'orge germée.
À lire également :
__